

Les Romains installent une dynastie locale, la maison
d'Hérode, qui règne sur la plus grande partie de la Palestine.
Hérode le Grand (de 40 à 4 av. J.-C.) embellit Jérusalem
de somptueux monuments – dont il reste de nombreux vestiges –
et fait reconstruire un Temple luxueux. Néanmoins, les gouverneurs
romains conservent le contrôle suprême; le plus connu de ces
gouverneurs est Ponce Pilate, qui autorisa l'exécution de Jésus-Christ,
accusé, entre autres, de soulever les Juifs contre l'autorité
romaine. Lors de la répression de l'une des plus importantes révoltes
juives, en 70 de notre ère, l'empereur romain Titus y détruit
le deuxième Temple.
En 135, après l'échec de la révolte
menée par Bar-Kokheba, les Juifs sont bannis de Jérusalem,
que l'empereur Hadrien transforme en ville romaine sous le nom d'Aelia capitolina.
Une communauté chrétienne, désireuse de se distinguer
des Juifs persécutés, commence à s'y développer.
Quand, au début du IVe siècle, le christianisme est reconnu
par l'Empire romain, Jérusalem retrouve son nom et devient un centre
de pèlerinage chrétien. C'est à cette période
que sont édifiés l'église du Saint-Sépulcre
et plusieurs sanctuaires chrétiens. Au siècle suivant, l'enceinte,
agrandie par l'impératrice Eudoxie, englobe le mont Sion. La domination
byzantine, brièvement interrompue par une occupation perse (de 614
à 628), dure jusqu'en 638, date à laquelle le calife Omar
(vers 581-664), s'empare de la ville sans effusion de sang. La Coupole du
Rocher porte fautivement son nom.
OMEYYADES, ABBASSIDES, FATIMIDES ET TURCS
Les musulmans, qui respectent la cité, bâtissent le Dôme du Rocher sur le site du Temple (de 688 à 691) et la mosquée al-Aqsa (entre 705 et 715). À une ère de tolérance envers les chrétiens et les juifs, sous les dynasties omeyyade et abbasside, succède une période de persécutions sous le règne du calife fatimide al-Hakim (996-1021), qui détruit synagogues et églises, y compris le Saint-Sépulcre. Mettant fin à l'hégémonie arabe, les Turcs seldjoukides pillent la cité en 1071 et reprennent les persécutions. La prédication des croisades reposera sur la volonté d'arracher le tombeau du Christ des mains musulmanes.
Lorsque les troupes de la 1ère croisade
eurent «délivré» Jérusalem en juillet 1099,
Godefroi de Bouillon devint – avec le titre, modeste, d'avoué
du Saint-Sépulcre – chef du nouvel État chrétien,
placé d'abord sous la suzeraineté du Saint-Siège, représenté
par un patriarche latin. À sa mort, son frère Baudouin se fait
couronner par le patriarche. Le royaume est alors organisé sur le modèle
féodal occidental – modèle consigné un siècle
plus tard dans les Assises de Jérusalem – et prend sous sa suzeraineté
les comtés d'Édesse et de Tripoli, les principautés d'Antioche
et de Tibériade. Jérusalem devient le siège de trois
ordres militaires: les Templiers, les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem
et les chevaliers Teutoniques. Des églises, romanes, sont construites
pour les nombreux pèlerins et les nouveaux habitants chrétiens.
Sous les rois francs Baudouin II (1118-1131), cousin de Baudouin Ier; Foulques
V d'Anjou (1131-1143), gendre de Baudouin II; et ses fils Baudouin III (1143-1162)
puis Amaury Ier (1163-1174), le royaume prend une grande expansion, entravée
toutefois par les conquêtes de Saladin.
Fils d'Amaury Ier, Baudouin IV (1174-1185), dit «le Lépreux»,
défendit énergiquement le royaume contre les musulmans. Après
sa mort cependant, le royaume s'affaiblit, et Saladin, vainqueur de la bataille
de Hattin, l'envahit en 1187. Les derniers rois cherchent à reconstituer
le royaume latin, et les rivalités des héritiers de Saladin
permettent à Frédéric II d'Allemagne de récupérer
une partie de Jérusalem en 1229. Mais les croisés sont à
nouveau chassés en 1244 par les Turcs Ayyoubides.
MAMELOUK ET OTTOMANS
Revenue sous la domination de Damas
en 1249, menacée par les Mongols, Jérusalem passe, en 1260,
sous le contrôle des Mamelouks, qui dotent la ville de quelques constructions
remarquables mais qui accablent d'impôts les non-musulmans. Jérusalem
perd de son rayonnement jusqu'à son intégration, en 1517, dans
l'Empire ottoman. Soliman le Magnifique fait relever les murailles que l'on
peut encore voir aujourd'hui, restaure la porte de Damas et la citadelle.
Après son règne, qui est une période florissante, ses
successeurs se désintéressent de la ville..
Au cours du XIXe siècle, l'Empire ottoman se
désagrégeant, les puissances occidentales prennent pied en Palestine.
La population de Jérusalem passe de 10
000 h. (dont 2 000 Juifs) à 80 000 (dont 50 000 Juifs). Un édit
de 1852 règle les conflits opposant les différentes religions
au sujet des Lieux saints. Durant la Première Guerre mondiale, les
Britanniques s'imposent face aux Turcs, alliés aux Allemands, et le
général Allenby pénètre en conquérant dans
Jérusalem au cours du mois de décembre 1917.

JÉRUSALEM AUJOURD'HUI
Économie
Depuis presque cinquante ans, la ville a connu une croissance rapide, les
limites municipales de la ville n'ont cessé de s'élargir. Jérusalem
compte 630 000 habitants [en 1994]. On a assisté au développement
des fonctions politiques et culturelles, à un timide effort d'industrialisation.
Le tourisme est un facteur économique important. Les principales activités
sont par ailleurs: l'industrie du diamant; la fabrication d'appareils électroménagers,
de meubles, de produits pharmaceutiques et chimiques, de plastique; le textile
et l'habillement; l'imprimerie et l'édition.
Les quartiers anciens
La Vieille Ville, entourée de murailles et qui abrite la
plupart des lieux saints des trois religions du Livre, est divisée
en quatre quartiers: le musulman, le juif, le chrétien et l'arménien.
Le quartier juif a été restauré. Le Mur des lamentations,
lieu le plus sacré du judaïsme, est l'un des contreforts qui
soutenaient la plate-forme monumentale de l'édifice commandé
par Hérode. Le Dôme du Rocher avec sa coupole dorée
et la mosquée al-Aqsa dominent le mont Moriah et constituent après
La Mecque et Médine le troisième lieu saint des musulmans.
La Via Dolorosa, qui suivrait le parcours de Jésus vers le Calvaire
(chemin de la croix), et l'église du Saint-Sépulcre, construite
à l'emplacement du tombeau du Christ, sont les lieux saints du
christianisme. Des boutiques (souks) bordent les rues étroites
de la Vieille Ville. Les maisons sont regroupées autour de cours
cernées de hauts murs.
PRÉCIPITATIONS ET TEMPÉRATURES À JÉRUSALEM